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  • Geneviève

Allégorie de la tomate de Socrate

Mis à jour : oct. 6



Un rêve étrange a traversé ma nuit.


Socrate s’est présenté à moi et m’a demandé de le suivre dans un jardin.

Il m’a dit : « Vois-tu ces graines de tomates ? Elles viennent toutes de la même grosse tomate que j’ai cultivée avec patience et mangée avec délectation. J’ai gardé les graines pour les replanter ce printemps et te faire vivre cette expérience »


« Me faire vivre cette expérience, comment cela Socrate ? » lui demandai-je un peu inquiète car je n’avais jamais planté de tomates de ma vie.


« Vivons le moment au lieu d’en parler », me répondit-il tout en se rapprochant d’un établi. Il prit une caisse en bois qu’il remplit d’un mélange de terre et de sable. Il y déposa les graines, arrosa quelque peu et me demanda de regarder.


Je me penchai au-dessus de la caisse et remarquai, avec surprise, l’apparition de pousses vertes. « Comment est-ce possible ? » m’exclamais-je


« Le temps n’existe pas », me répondit calmement Socrate et sans m’en dire davantage, il prit une trentaine de petits pots en terre cuite qu’il remplit de terreau. Délicatement, il sépara les pousses et les repiqua chacune dans un pot. Il me demanda ensuite de les arroser de manière égale.


A peine, avais-je terminé d’arroser le dernier pot que Socrate les emmena au milieu du jardin pour les mettre en terre. Chaque plant mesurait une dizaine de centimètres.


« Je te propose de choisir », m’expliqua-t-il, « 10 plants que nous allons mettre au milieu de ce jardin et 10 autres plants que nous allons disposer dans des bacs à fleurs, eux aussi placés au milieu de jardin. Les derniers plants resteront dans leur pot en terre cuite".

Et de rajouter : « Je te demande d’observer ce qui va se passer ».

Devant mes yeux ahuris, je vis les plants grandir, Socrate les arrosant quelque peu et enlevant de-ci, de-là, quelques gourmands. Il me fit sentir le parfum des feuilles vertes…hhhmmm…puissant. Par la suite, des fleurs jaunes se sont épanouies, gracieuses pour, très vite, s’éclipser et laisser la place à de petites boules vertes, comme de minuscules décorations de Noël, qui se sont mises à grossir à vue d’œil.


Socrate me précisa « tu as bien remarqué que les 30 plants de tomates ont bénéficié du même ensoleillement, de la même quantité d’eau et d’une attention identique de ma part. »


« C’est exact », répondis-je


« Et que constates-tu ? » me questionna Socrate.


Force était de constater que le résultat final n’était pas le même pour les 30 plants et je précisai à haute voix : « les tomates du jardin sont charnues, abondantes et en grappe. Les tomates dans les bacs à fleurs sont en revanche, dispersées et de taille moyenne. Enfin, les plants de tomates en pot n’ont, quant à eux qu’un seul petit fruit perdu au sommet de leur tige ».


« Fort bien! » me dit Socrate. « A quoi cela te fait-il penser ? » me demanda-t-il. Devant mon regard interloqué, il précisa : « ne vois-tu aucun parallèle avec les êtres humains ? »


Mes yeux sont devenus aussi ronds que les tomates puis, la stupeur passée, j’ai pris le temps d’observer et de réfléchir.

« Je vois que selon l’endroit où il se trouve, le plant de tomates n’évolue pas de la même façon. Cela me fait penser que moi aussi, je me sens différente selon les environnements que je côtoie. Avec certaines personnes, je suis détendue, avec d’autres, je ressens un malaise et il m'est arrivé de tourner tout de suite les talons en vivant trop de stress au contact de telles autres. »


« Bon raisonnement », s’enthousiasma Socrate qui continua en précisant sa question : « puisque tu es passionnée par les questions relatives au travail, quelle similitude pourrais-tu trouver entre cette expérience et le monde professionnel actuel ? »


Sans trop bien comprendre où il voulait m’emmener, je répondis spontanément « une personne va s’épanouir si son environnement professionnel lui donne de l’espace, un peu comme ce jardin pour les 10 premiers plants c’est-à-dire si les conditions de travail répondent vraiment à ses besoins »


« Et que dire des personnes qui dépérissent dans leur environnement professionnel, comme ces plants de tomates à l’étroit dans leurs bacs à fleurs ou leurs pots en terre cuite ? » me rétorqua-t-il.


« Là, Socrate, je suis un peu perdue » lui répondis-je « le parallèle s’arrête là à mon sens car les tomates, elles, ne bougent pas! »


« A bon ? » s’étonna Socrate, « tu vois beaucoup de personnes changer de travail quand leur environnement n’est pas adéquat ? »


« C’est vrai », précisais-je « depuis les années 70, le chômage a pris de l’ampleur et les travailleurs hésitent à se plaindre ou à démissionner. Ils ont peur de rester sur le carreau avec l’étiquette trop vieux ou trop jeune ! Ils se persuadent que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Vu ainsi, nous ne sommes pas différents de ces plants de tomates, en effet ! »


« Quel enseignement en retires-tu ? » me demanda Socrate.


« La première pensée qui me traverse l’esprit, Socrate, c’est que les tomates ne se plaignent pas. Elles poussent là où elles se trouvent sans se poser de question. Non ! Tu ne vas pas me faire croire que c’est l’enseignement que tu veux me transmettre ! » dis-je en m’offusquant.


Socrate me regarda avec un air taquin puis, sans mot dire, regarda les différents plants de tomates avec les charnues épanouies, les moyennes à l’étroit et les petites esseulées. Je l’observai sans rien dire puis je regardai dans la même direction que lui.


De sa voix calme et profonde, il me dit : « Nous avons vite tendance à nous identifier uniquement aux plants de tomates. Or, nous oublions que nous sommes aussi l’environnement des autres, cet espace où l'autre va exprimer le meilleur de lui même. Et pour qu'il s'épanouisse, qu’est-ce que nous lui apportons, qu’est-ce que nous lui donnons ? Je ne parle pas uniquement des managers ou des patrons. Non, peu importe notre rôle ou notre fonction, nous avons tous le choix d’être le jardin, le bac à fleurs ou le pot en terre cuite de l'autre! »


Après un long silence, il se retourna vers moi et me regarda dans les yeux en me demandant :


Et toi, qu'as-tu choisis d’être pour tes proches ou tes collègues ?


J’étais tellement surprise par cette question que j'en suis restée bouche bée…


Et vous, qu’auriez-vous répondu à Socrate ?

Je vous invite à partager vos réactions et points de vue ci-dessous ou sur ma page Facebook. Vos partages sont comme des graines qui germeront dans le terreau qui les accueillera!


Quant à Socrate, il n'a pas fini de m'étonner! Mon rêve a continué et je vous le partagerai tout bientôt.


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L'Homme Funambule asbl

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