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  • Geneviève

Allégorie de la tomate de Socrate - suite

Mis à jour : nov. 8




Socrate attendit que je reprenne mes esprits et m’écouta attentivement quand je lui dis, sincère :

« J’aimerais être "jardin" pour toutes les personnes que je rencontre, que ce soit dans ma vie privée ou ma vie professionnelle.

J’aimerais leur permettre de s’épanouir tout comme je le désire personnellement.

Pourtant, j’avoue ne pas y arriver facilement…par exemple quand l’autre me demande des choses qui sont à l’opposé de mes valeurs personnelles. Là, je ne sais plus quoi faire. J’ai envie de faire plaisir et en même temps, j’ai peur de dire non!

Si je dis oui, je m’en veux de ne pas me respecter!

Oh ! c’est un vrai casse-tête et je reconnais avoir du mal à fixer la juste frontière entre ce qui est bon pour l’autre et ce qui est bon pour moi! »

Tout en m’écoutant, Socrate commença à préparer le repas. Il disposa dans une grande assiette des tranches de tomates et de mozzarella et, par-dessus, des feuilles de basilic, un filet d’huile d’olive et de vinaigre balsamique. Un tour de moulin pour le poivre puis un autre tour pour le sel et il m’invita à m’asseoir à table.

Toujours silencieux, il me servit quelques rondelles rouges et blanches, me présenta du pain encore tiède pour, ensuite, garnir sa propre assiette et savourer sa préparation.

Je sentais que ce silence cachait quelque chose et je me préparais déjà à ses questions : à quoi voudrait-il que je porte mon attention ?

Je me mis à regarder autour de moi, la table, la salade, nos assiettes…cherchant à deviner l’objet de ses pensées silencieuses.

Après s’être resservi, il éclata de rire car il ressentait mon désarroi !

Il me demanda : « Comment fais-tu pour être "jardin" pour toutes les personnes que tu rencontres ?

Mets-toi un instant à la place de la tomate que nous venons de manger.

Comment et à quel moment aurais-tu eu l’occasion de vérifier que tu allais être " jardin" et non "bac à fleurs ou pot en terre cuite" pour la mozzarella ?

Penses-tu que le basilic se soit tracassé d’être un « jardin » pour l’huile ou le vinaigre ?»

Surprise par cette comparaison, je lui rétorquai : « En effet, tous les ingrédients de cette salade ont donné le meilleur d’eux-mêmes en exaltant leurs parfums spécifiques… et le mariage de leurs saveurs a été exquis ! »

Socrate m’interrogea alors « Comment, dans tes relations aux autres, peux-tu être autre chose que toi-même ? »

Je lui répondis immédiatement : « Par exemple, si je suis dans le bus et que je vois une personne âgée ou une femme avec des enfants, je vais me lever et leur donner ma place. Là, je me sens « jardin » pour ces personnes! »

« Et si elles refusent, comment réagis-tu ? » m’interrogea Socrate

Je lui répondis, confiante dans ma vision des choses : « J’insiste parce que je sais que beaucoup de personnes ne veulent pas déranger »

« Et si elles refusent à nouveau, comment réagis-tu ? » insista Socrate

Prenant le temps de réfléchir, je lui dis humblement : « Je reconnais qu’il m’arrive de me fâcher intérieurement car pour moi, donner ma place est une politesse et je ne comprends pas pourquoi ces personnes la refusent »

Socrate me regarda l’air malicieux : « A ton avis, dans ce cas précis es-tu "jardin, bac à fleurs ou pot en terre cuite" pour ces personnes ?

J’éclatai de rire en lui répondant « je pense être "jardin et pot en terre cuite" en même temps, non ?

Quand je propose ma place, je suis "jardin" car très concrètement, j’offre de l’espace à l’autre. En revanche, lorsque je ressens de la colère, je me sens "pot en terre cuite" car je suis toute contractée et bouillonnante en moi-même à cause de cette colère ! »

Reprenant mon sérieux, je lui demandai : « Mais comment faire alors ? »

Sur le même ton sérieux, Socrate prononça ces mots « L’autre est un inconnu pour moi » et rajouta un soupçon de tendresse dans la voix « jamais je ne serai dans sa tête, son cœur, son corps pour comprendre comment il vit la situation ! »

En prenant le temps de voir comment j’accueillais ce qu’il venait de me dire, Socrate continua la réflexion : « Si tu rencontres un inconnu, comment fais-tu pour savoir ce dont il a besoin ? »

Sans hésiter, je répliquai « Je lui pose des questions, je l’écoute en faisant attention à chaque mot puisque je ne sais pas ce qu’il va me dire, je regarde son visage, ses gestes pour comprendre son langage non verbal…oui, je fais attention ! »

Enchainant sans hésiter, Socrate me demanda « Fais-tu de même avec tes amis ou tes collègues de bureau ? »


« Non, bien sûr que non ! m’exclamais-je « puisque je les connais, je sais ce qu’ils aiment, ce dont ils ont besoin… »

Me rappelant ce que Socrate venait de me dire à l’instant, je commençai à réfléchir et reconnus : « enfin, non, c’est vrai, je pense que je les connais mais en fait, honnêtement, je n’en sais rien…je ne fais plus vraiment attention, je suis dans une sorte d’automatisme où j’imagine ce dont ils ont besoin »

Prenant le temps d’approfondir ce point, je rajoutai : « Si je comprends bien, c’est mon attention qui fera toute la différence. L’attention à moi, en premier lieu : est-ce que je suis dans mon automatisme ou suis-je vraiment présente à l’autre ?

Puis l’attention à l’autre : de quoi a-t-il vraiment besoin ?

Enfin, l’attention à ce qui se passe entre nous et autour de nous ...

Subitement, je m’exclamai toute fière de moi : « Je comprends mieux cette notion d’être "jardin pour l’autre" maintenant ! Si je reprends mon exemple dans le bus, je me lève non parce que c’est la politesse mais avant tout parce que j’ai pris le temps de vérifier que j’ai la force de me lever d’une part, que la personne désire vraiment s’asseoir, d’autre part et qu’il y a ou non d’autres places disponibles dans le bus ! »

Socrate m’invita à rentrer à la maison. La nuit était tombée sans que je m’en aperçoive !

Je pris subitement conscience qu’être attentif à soi, à l’autre et à l'environnement n’était pas aussi simple que les mots que je venais de dire !

Socrate devait avoir lu dans mes pensées car il me fit un clin d’œil avant de partir dans un grand éclat de rire!

Et vous, auriez-vous posé d'autres questions à Socrate ?

Je vous invite à partager vos réactions et points de vue ci-dessous ou sur mes pages LinkedIn ou Facebook. Vos partages seront toujours comme des graines qui germeront dans le terreau qui les accueillera !

Quant à Socrate, il a continué à m’enseigner et je vous partagerai la suite de mon rêve tout prochainement !

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L'Homme Funambule asbl

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