Rechercher
  • Geneviève

Allégorie de la tomate de Socrate suite 2




Tout en continuant à marcher vers la maison, Socrate me dit : « Je trouve que cette journée a été intense! Regarder la Nature est pour moi source de grands enseignements. »

Tournant le regard vers moi, il me demanda : « Qu’est-ce qui t’a le plus marqué aujourd’hui ? Comment a été l’expérience pour toi ? »


Je m’arrêtai pour prendre le temps de réfléchir.

Me revenaient en mémoire les images des tomates, du jardin, des bacs de fleurs, des pots en terre cuite et de la salade de tomates à la mozzarella.

Je repensais comment j’avais été stupéfaite de découvrir l’impact de l'environnement sur le potentiel des plants de tomates. Que transposé à notre société, je prenais conscience de l’impact des conditions extérieures sur les compétences tant de nos amis, collègues que de tout citoyen. Et, tomate-cerise sur le gâteau, que nous étions un acteur clef de cet environnement favorable ou non même si, le plus souvent, nous n'en avions nullement conscience!

Bref, comment j’avais vécu cela ?

Comme une claque ? Un peu fort…

Comme une piqure de rappel ? Peut-être plus que cela… Oui plutôt comme un rappel cinglant de notre inter-reliance !


J’allais ouvrir la bouche pour préciser ma pensée quand Socrate renchérit :


« Si les êtres humains, voire les êtres vivants, sont tous inter-reliés, cela ne veut-il pas dire que nous sommes tous tributaires du bonheur ou du malheur des uns et des autres ?

Est-ce compatible avec la recherche d’un bonheur plutôt individuel comme nous le voyons actuellement : chacun essayant de trouver sa mission de vie, son épanouissement personnel ? »


Je me retrouvais à nouveau la bouche ouverte, pour la troisième fois de la journée. Et Socrate ne put s’empêcher de rire aux éclats.


« Viens », me dit-il, « rentrons à l’intérieur pour continuer notre discussion. La nuit est tombée et il commence à faire frais. Je ne voudrais pas que nous attrapions froid »


Tout en avançant, il continua : « Si tu écoutes les discussions autour de toi, tu seras surprise d’entendre de nombreuses personnes vouloir évoluer vers le bonheur sans savoir quel est le sens de leur vie !

Le sens et même leur essence !

Suis-je tomate ou basilic ou mozzarella ?

Ne sachant pas, elles se mettent à copier les trucs et astuces proposés sur le net ou en librairie.

Elles veulent ressembler à un tel qui parle bien ou à une telle qui est partie au bout du monde Cela les inspire ! disent-elles.

Mais comment ces graines d’inspiration vont-elles pousser si ces personnes ne savent même pas où se trouvent leurs terres intérieures ?

S’arrêtant pour ouvrir la porte, il plongea son regard dans le mien : « A ton avis, est-ce qu’elles cherchent vraiment à exprimer leur potentiel ou seulement à combler leur vide existentiel ? »


Il m’invita, par un mouvement de sa main, à rentrer dans la maison et à m’installer au salon. Un feu de bois brulait dans la cheminée.


Je choisis un fauteuil confortable à côté de l’âtre. Socrate pris le siège de l’autre côté. Nous regardâmes les flammes en silence. La lumière était tamisée. La chaleur du feu caressait nos visages. Je me sentais bien assise aux côtés de Socrate, une sorte de grand calme, de joie simple…oui un moment où je sentais que tout mon corps se détendait, je n’avais rien à prouver, ni à défendre ou à contrôler…je pouvais simplement être et me laisser porter par la Vie…


Socrate, le regard toujours tourné vers les flammes, prononça cette question d’une voix grave :

« C’est quoi la Vie, l’existence ?

Peut-on rechercher le bonheur si nous ne savons pas qui nous sommes, ce que nous aimons, ce qui nous fait vibrer ?

Peut-on être heureux tout seul sur une île déserte ? »


Et comme porté par ses mots, il se leva et se dirigea vers le tas de bois à côté de la cheminée. Il prit du petit bois et trois belles buches. Il activa les braises avec le tisonnier, jeta les morceaux de bois dans le feu, apprécia la hauteur des flammes avant de déposer les buches en triangle.


Je le regardais faire, hypnotisée par la précision de ses gestes et la façon toute particulière dont le feu chantait…

Je me sentais hors du temps. J’en avais presque oublié le questionnement de Socrate quand il posa son regard dans mes yeux.


« Personne ne sait ce qu’est la Vie ! » me sentis-je invitée à répondre.

« Les scientifiques sont capables d’analyser tout ce qui est vivant mais n’ont pas encore trouvé à expliquer la Vie, en elle-même. D’où elle vient ? Où elle va ?

Et quel est le sens de la Vie ?

A-t-elle un autre sens que celui de son mouvement perpétuel de génération en génération ? Nul ne le sait non plus !»


« Pourrait-on se hasarder à déduire », s’enquit Socrate « que tout ce qui existe, le caillou tout comme la terre du jardin, l’herbe tout comme la tomate que nous avons mangée tout à l’heure, le lézard tout comme l’oiseau ou le poisson, toi, moi comme tout être humain, nous sommes tous une empreinte de la Vie ?

Et la question que j’ai envie de te poser est la suivante : si nous sommes tous l’empreinte de la Vie, serait-ce notre seule mission : faire que la Vie continue à couler au fil des saisons et des générations ? »


Socrate, quelle étrange question !


« Tu crois ?», s’étonna-t-il

« Comment serait la société s’il nous était demandé de faire en sorte que notre voisin ou n’importe qui sur terre vive au mieux cette Vie qui coule dans ses veines ?

Si toutes les activités humaines étaient tournées vers la satisfaction des besoins des uns et des autres ? »


Soudain, je lui fis part de la prise de conscience que me suscita ses propos : « C’est vrai Socrate que j’entends souvent les gens dire qu’il faut « travailler pour gagner sa vie » alors que nous l’avons reçue gratuitement de nos parents !

Contribuer chacun au bien-être des autres, me semble primordial, oui !


Mais dis-moi, Socrate, est-ce que ce n’est pas un peu « bisousnours » comme vision ? Est-ce que les décideurs politiques ou les responsables d’entreprise ne vont pas nous rire au nez ?


Socrate n’entendit pas mes questions car il était parti dans la cuisine nous chercher de quoi grignoter devant le feu.


Avant qu’il ne revienne, que pensez-vous de notre échange ?

A quelle réflexion cela vous conduit -il?

N’hésitez pas à partager vos réactions et points de vue ci-dessous ou sur mes pages LinkedIn ou Facebook. Vos partages seront toujours comme des graines qui germeront dans le terreau qui les accueillera !

Quant à Socrate, il a continué à m’enseigner et je vous partagerai la suite de mon rêve tout prochainement !

18 vues

L'Homme Funambule asbl

  • Facebook Social Icône
  • LinkedIn Social Icône
  • Instagram

© 2019 par Geneviève Collet. Créé avec Wix.com