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  • Geneviève

Au coeur du coeur, la Vie : comment rester en paix ?



14 mars 2020 : Premier jour, en Belgique, où nous sommes invités à rester chez nous.


Nous croulons sous les informations contradictoires : de nombreuses brèves reprenant les nouveaux cas de coronavirus, les morts, les fermetures d’entreprise et, de temps en temps, quelques articles de fond précisant que la panique risque d’être plus dangereuse que le virus.


La peur, voilà l’émotion dont j’ai envie de parler aujourd’hui.

Je dirais même du sentiment de peur car il s'agit plutôt d'un mélange de pensées, de souvenirs, d’informations qui génère ce malaise


Car ce n’est pas évident de rester en paix !


Hier, en faisant mes courses, j’ai été surprise par les rayons vides, les chariots bondés, une foule silencieuse mais sur le qui-vive.

J’ai ressenti un réel malaise : est-ce qu’il n’y aura bientôt plus rien dans les magasins ? Est-ce que je dois aussi faire des provisions ou est-ce que je fais confiance au système de réapprovisionnement ?


Je sentais une sorte d’oppression sur la poitrine et assez vite également un sentiment de culpabilité : et si je ne fais aucune réserve, comment nourrir mon fils et les animaux dont j’ai la charge ? Pourrait-on m’accuser de mauvaise mère ? De ne pas avoir agi de manière réfléchie ?


Puis le doute m’a envahi : est-ce que je suis bien informée ? est-ce que je ne joue pas à l’autruche ?

Avec un brin de colère au passage en voyant les dizaines de pizzas dans un chariot: mais je n’ai pas de grand frigo, moi, ni de réfrigérateur, comment pourrais-je conserver des produits frais ?


Cette expérience des courses m’a fait ressentir une palette assez contrastée de sentiments que j'ai accueilli, pour ensuite, jouer en conscience la carte de la prudence et acheter quelques réserves.

Je me suis toutefois poser les questions suivantes : comment font les personnes qui n’ont pas beaucoup d’argent ? Qui les aide en ce moment difficile ?


J'avais atteint une tranquillité relative.


A peine rentrée chez moi, cette tranquillité vole en éclat à la simple pensée : comment va faire mon papa de 91 ans qui fait ses courses tout seul une fois par semaine ? est-ce risqué de le laisser faire ses courses ? Trouvera-t-il encore quelque chose à acheter ? Devons-nous faire ses courses à sa place ? Risque-t-on de le contaminer en venant le voir ?


Là, je touchais un point sensible : mon papa...avec toutes les charges émotionnelles que cette simple évocation provoque en moi : peur qu'il ne décède alors qu'il est en pleine forme, peur d'être responsable de son décès, conscience que c'est dans l'ordre des choses de partir un jour, difficulté à accepter cela, besoin de sa force tranquille, peur de ne pas être à la hauteur,...


Accueillir tout ce ramdam, cette tempête, ce tsunami en moi...avec, au passage, un petit commentaire de mon critique intérieur :"A bravo, Geneviève! Autant d'années de méditation pour en arriver là!!


Comment ne pas se laisser envahir par ce malaise généralisé ?

Comment accueillir toutes ces pensées, ces questions et éviter le repli sur soi ?


Je n’ai pas de recette miracle, ni de baguette magique à vous proposer.


Prendre soin de soi est justement une démarche visant à s’accueillir tels que nous sommes et là où nous en sommes sur le chemin… Aucune injonction paradoxale du style «Restez cool » ou «Tous aux abris» !


Par contre, l’invitation en ce début de quarantaine nationale est :


· De prendre conscience de tout ce qui se passe en nous,


· D’ être conscients des sentiments qui nous traversent


· De les accueillir en veillant à laisser notre corps en mouvement et la respiration fluide


· D’ être à l’écoute de tous les jugements que nous nous portons : oui, ils sont là, malgré les années de méditation ! Bienvenue jugements !


· De laisser passer ces jugements tout comme tout le reste des pensées en veillant, comme déjà précisé, au mouvement du corps et la fluidité de la respiration.


· De prendre des décisions comme il est dit « en âme et conscience » c’est-à-dire agir en conscience, en prudence et dans le respect de ceux que nous aimons au lieu de réagir sous l’emprise de sentiments alarmistes


Et laisser le mouvement naturel de la Vie reprendre son cours, se laisser "porter" par la Vie comme nous pourrions être portés par l'eau de la rivière si nous étions une embarcation légère...car ainsi va la VIe!!


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L'Homme Funambule asbl

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