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  • Geneviève

Dans le brouillard et pourtant bien alignée! Ou comment accueillir l’imprévisible…



Je n’ai pas réussi à prendre la plume ces dernières semaines. Pourtant les sujets de manquaient pas alors que plus de trois milliards et demi d’êtres humains étaient confinés chez eux…


J’aurais voulu parler de la qualité de l’air, du calme ambiant, des marronniers se réveillant sans aucune tâche de pollution sur leurs feuilles…de mon enthousiasme à voir le ralentissement de notre société…sobriété…


Et en même temps, j’étais démunie face à l’angoisse palpable dès le bout de mon nez dehors. Démunie face à ce sablier égrenant tous les matins le nombre de personnes décédées. Démunie face à la montée exponentielle du nombre de personnes fragilisées par la perte de leur emploi ou le chômage technique…ces fins de mois impossibles à boucler…


J’étais tiraillée entre l’espoir d’un renouveau pour la planète et l’impuissance face à la crise…heureuse que tout le monde décide de prendre soin de soi pour prendre soin des autres…et exaspérée d’entendre cette expression devenir un automatisme langagier !


Et je me suis tue pour mieux écouter, ressentir et vibrer à ce qui était là…espoir, désillusion…recul…méditation…prise de conscience…se laisser porter par la Vie comme si j’étais une brindille jetée dans un cours d’eau.


Je pensais avoir atteint une certaine paix, un équilibre. C’était sans compter le déconfinement, tombé tel un brouillard hivernal sur mon printemps intérieur.


Comment faire ? J’embrasse, je n’embrasse plus…j’ai perdu mes repères.


Après deux mois et demi de confinement, je ne sais plus ce qui est juste…j’ai envie d’embrasser mon père, le serrer très fort contre moi et, en même temps, s’il lui arrive quoique ce soit, je m’en voudrais d’avoir été négligente…je ressens la même chose vis-à-vis de mes amis ou des amis de mes enfants…


Et en me tenant à distance, les saluant par une accolade de coudes, je me sens dans l’embarras : est-ce que je ne serais pas en train de me laisser envahir par la peur ?


Comment avancer alors que le brouillard s’épaissit de plus en plus ?


Comment vivre également le retour au travail en présentiel ?


Ces pensées pourraient tourner 24 heures sur 24 dans le circuit de mon cerveau sans pour autant se changer en phare ou corne de brume pour me guider vers le port…


Avancer en terrain inconnu, vivre l’incertitude totale est ce présent, ce ressentis en écrivant ces mots… C’est inconfortable…une boule au ventre…le mal de mer…


En accueillant ce roulis intérieur, me revient un souvenir, celui du conseil qui m’a été donné lorsque toute petite j’ai pris la malle Calais – Douvre en pleine tempête…

"respire l’air frais tout en suivant le mouvement des vagues et en regardant au loin"…


Accueillir « cet inconfortable », respirer, suivre le mouvement de la vie, regarder au loin…

Et surtout faire confiance en demain!

N'écrit-on pas en Chine, le mot crise à partir de deux caractères : 危机 wēi jī, "Wei" voulant dire obstacle et "Ji" opportunité…


Accueillir cette crise…la dualité…avancer pas à pas...porter son attention à ce qui est, sans juger, sans condamner....saisir une opportunité ou continuer à avancer...un refrain à chaque battement de coeur : "après la pluie, le beau temps…après le brouillard, l’éclaircie" !


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L'Homme Funambule asbl

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