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  • Geneviève

J’ai peur de ne pas être prise suite à l’entretien !



J’ai revu ce matin une jeune femme de 19 ans que j'avais rencontrée pour la première fois la semaine dernière. Elle vient de terminer des études secondaires artistiques et a une passion pour l’esthétisme.

Elle s’est inscrite à l’IFAPME pour devenir esthéticienne et cherche un lieu de stage. Au premier entretien, nous avions retravaillé son CV et les résultats sont là : des employeurs désirent la rencontrer.


J’aborde donc avec elle l’entretien d’embauche et lui demande : « de quoi avez-vous le plus peur ? »

Elle me répond : « j’ai peur que les employeurs ne m’aiment pas, j’ai peur de ne pas être appréciée…oui j’ai peur du refus ! »


En l’invitant à prendre le temps qu'il faut, voire même à fermer les yeux, je lui pose les questions suivantes : « Comment se manifeste cette peur dans votre corps ? Quelle sensation avez-vous ? »


Il lui faut peu de temps pour me répondre « J’ai une grosse boule dans le ventre »


« Bienvenue boule dans le ventre » ai-je murmuré et je l’invite à respirer dans cette sensation.


Cette sensation est messagère et je lui propose de l’écouter attentivement : êtes-vous d’accord que nous lui posions quelques questions pour mieux la comprendre ?

Imaginons que vous allez à un entretien d’embauche et que vous obtenez un refus : tout en restant bien connectée à vos sensations, qu’est-ce qui pourrait arriver ? de quoi avez-vous le plus peur ?


« J’ai peur de commencer à douter de moi » me répond-t-elle

Et si vous commencez à douter de vous, qu’est-ce qui pourrait arriver ? de quoi avez-vous le plus peur ?

« J’ai peur de ne plus avoir confiance en moi » me dit-elle

Et si vous n’avez plus confiance en vous, qu’est-ce qui pourrait arriver ? de quoi avez-vous le plus peur ?

Après quelques hésitations, elle ose enfin se l’avouer « J’ai peur de tomber en dépression »

Et si vous tombez en dépression, qu’est-ce qui pourrait arriver ? de quoi avez-vous le plus peur ?

« J’ai peur de me sentir isolée de tout le monde »

Et si vous êtes isolée de tout le monde, qu’est-ce qui pourrait arriver ? de quoi avez-vous le plus peur ?

« J’ai peur de ne plus avoir d’amis, que tout le monde me rejette »

Et si vous n’avez plus d’amis et que tout le monde vous rejette, qu’est-ce qui pourrait arriver ? de quoi avez-vous le plus peur ?

Une nouvelle hésitation avant de dire tout bas « j’ai peur de faire une bêtise ...suicide ».


Par ma présence, ma respiration, je l’accompagne dans la prise de conscience que sa peur du refus est liée à la possibilité de faire une bêtise, de se suicider…


Tout doucement, je lui dis qu’une part d’elle songe à cela, peut-être une part d’elle toute petite et sans défense…Et lui demande : Si vous imaginez cette part de vous, toute petite, comme la petite fille que vous avez été, que lui diriez-vous ?

« Bas toi !! »

A bon ?

Et que feriez-vous comme geste vers cette petite fille qui veut se suicider ?

« je la secouerais ! »

A bon ?

Je suis vraiment surprise et lui propose cette réflexion avant de poursuivre : Imaginons maintenant que vous croisez une petite fille dans la rue qui veut se suicider…et tout en l’invitant à imaginer la scène, je dirige mon regard vers un autre point de la pièce et je tends ma main vers cette petite fille qui est en train de passer … que lui diriez-vous ? que feriez-vous ?


Sans hésiter, elle me dit « je la serrais dans mes bras et je lui dirais : je suis là pour toi ! »


Et pour la petite fille qui est en vous, que lui diriez-vous ?

« Oui, c’est vrai, je n’y avais pas pensé » …. « Oui je suis là pour cette petite fille, je suis là si elle veut faire une bêtise ; je suis là si elle n’a plus d’amis et que tout le monde la rejette, je suis là si elle n’a plus confiance en elle, je suis là si elle obtient un refus…oui, je suis toujours là !! »


Je suis touchée par la compassion que je sens monter en elle...et lui demande : Et là, maintenant, qu’est-ce qui se passe dans votre corps ? Que ressentez-vous ?

« Oh !! La boule a diminué de volume, oh ! c’est étrange ! je me sens plus à l’aise dans mon corps »


J'étais heureuse avec elle et je l'invite, dans les jours à venir, à se répéter régulièrement "je suis là pour toi". Je lui explique que cette part en elle qui se sent terriblement seule n’a pas été habituée à être écoutée voir même consolée… Prenez le temps de la rassurer!


Un grand soupir s’épanouit sur les lèvres de la jeune fille...


Je l’invite à continuer cette respiration calme, ces expires bien longs…et tout en respirant avec elle, je la remercie pour la confiance qu’elle m’a octroyée, le cadeau qu’elle m’a fait et qu’elle s’est également offert en osant questionner ses sensations…


Je suis profondément émue !


Merci sagesse du corps !

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L'Homme Funambule asbl

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