Rechercher
  • Geneviève

Il faut gagner sa vie en travaillant!

Mis à jour : 21 oct. 2019

Qui n’a pas entendu cette injonction : il faut gagner sa vie en travaillant ?

Et qui n’a pas eu peur de perdre son travail car cela équivalait à perdre sa vie ?





Je m’interroge sur le malaise des travailleurs (pas seulement de ceux qui ont perdu leur emploi) et je me demande comment la société a pu évoluer pour que le « travail » soit lié à la vie ou à la mort des individus ?


Quand le mot « métier » est apparu la première fois, c’est dans l’expression « Deo menestier », le service divin, en 800 après JC.


Le mot évolue pour se rapprocher du terme profession qui lui-même passe de son origine latine « déclarer publiquement ses idées » à, vers 1500, « déclarer publiquement son appartenance » par exemple à un corps de métier.


En revanche, le mot « Travail » provient du latin médiéval : trepallum qui signifie « instrument de torture ». Vers 1100, le mot travail a été utilisé pour parler de l’effort (par exemple lors de l’accouchement). C’est seulement vers 1450 que ce mot évolue vers la notion de « peine que l’on se donne dans l’exercice d’un métier artisanal ».


La même évolution s’est opérée avec les mots « emploi » et « ouvrier »

Le mot emploi dérive du latin implicare « impliquer, plier dans » qui vers 1300 signifie « s’occuper ardemment » pour ensuite être assimilé vers 1600 à « avoir quelqu’un à son service ».

Le mot ouvrier vient du latin opérarius et signifie vers 1100 à « celui qui fait avec habilité un travail » ou « celui qui loue ses services contre argent » pour évoluer vers 1500 à l’idée de « personne qui ne possède qu’une certaine habilité pratique, sans véritable talent".


Il est donc intéressant de noter que certains mots sont restés fort proches de leurs racines latines « métier, profession » alors que d’autres ont totalement été transformés entre le 16ème et le 17ème siècle (fin du Moyen-âge ayant connu de fortes crises économiques et début de l’Europe moderne, de la Renaissance, des concentrations de pouvoirs au sein de monarchies fortes et des colonisations).


Par curiosité, j’ai été recherché également l’étymologie du mot « chômer » et cela provient du latin caumare se traduisant par « se reposer pendant de fortes chaleurs » qui, vers 1100, se retrouve dans la littérature sous la forme se chomer « rester immobile » pour traduire, vers 1330, le fait de « ne pas travailler par manque de travail »


Je ne suis ni historienne ni linguiste. Mon analyse est donc sommaire. Cependant, il est intéressant de relever comment les mots se transforment et quel est donc l’impact dans notre inconscient collectif.


Depuis 400 ans, dans la mémoire populaire, la majeure partie de notre vie (8h par jour jusqu’à 67 ans à l’heure actuelle) est vouée à un supplice (ou une torture).

En effet, le mot "travail" est omniprésent...même le Président Macron n'a besoin que de traverser la rue pour en trouver!


Cela fait entre 12 et 16 générations que la notion de service ou de contribution au bien-être collectif a été totalement occultée.


Et si nous nous référons au syndrome de Stockholm*, nous pouvons comprendre notre attachement, notre empathie pour nos "bourreaux"…et peut être même ce droit de vie et de mort qu’ils peuvent avoir sur nous!


Qu'en pensez-vous ?


* Le syndrome de Stockholm décrit donc une situation, fondamentalement paradoxale, où les agressés vont développer des sentiments de sympathie, d'affection, voire d'amour, de fraternité, de grande compréhension vis-à-vis de leurs agresseurs. Il y a souvent adhésion à la cause des agresseurs.

Le syndrome de Stockholm correspond à un aménagement psychologique d'une situation hautement stressante, dans laquelle la vie de l'agressé (otage, victime) est en danger. L'apaisement de leur angoisse est trouvée dans l'identification à l'agresseur (le psychologue.be)

L'Homme Funambule asbl

  • Facebook Social Icône
  • LinkedIn Social Icône
  • Instagram

© 2019 par Geneviève Collet. Créé avec Wix.com